Motiver pour réussir ou réussir pour motiver ?
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Motiver pour réussir ou réussir pour motiver ?

Publié le 1 octobre 2026

Équipe de recherche

Fannie Lavallée, B. Éd.

Étudiante à la maitrise en éducation

Université du Québec à Montréal

Isabelle Plante, Ph. D.

Professeure titulaire, département de didactique

Université du Québec à Montréal

Les personnes enseignantes aux prises avec des élèves qui réussissent difficilement ou qui sont en échec attribuent souvent cette situation à un manque de motivation. Leur premier réflexe consiste alors à tenter de motiver les élèves via diverses stratégies. Elles espèrent ainsi que le regain de motivation se traduira en réussite. Cette prémisse que la motivation est un levier vers la réussite est-elle réellement soutenue par la recherche ? 

Que nous apprend la recherche ?  

Les travaux de Plante et de ses collaborateurs (2013, 2022) procurent des données intéressantes qui nous amènent à questionner le rôle de la motivation dans la réussite des élèves. Dans l’un de leurs projets, ces chercheurs ont suivi 1 569 élèves au début du secondaire. Les personnes participantes ont répondu à des questionnaires à deux reprises durant l’année scolaire, notamment pour mesurer leur motivation. Les résultats montrent que la réussite future est principalement expliquée par la réussite antérieure. Autrement dit, la motivation ne contribue que très faiblement à la réussite une fois que le profil antérieur de l’élève est pris en compte.  

Ces constats concordent avec ceux d’une récente synthèse de recherches menée par Vu et ses collaborateurs (2024), qui révèle que le lien entre la réussite antérieure et la motivation est environ deux fois plus fort que le lien entre la motivation antérieure et la réussite scolaire. En d’autres termes, les expériences de réussite semblent nourrir la motivation davantage que la motivation ne génère la réussite. Ces résultats remettent en question l’idée selon laquelle la motivation constituerait le principal levier de la réussite scolaire. Ils suggèrent plutôt que les réussites et les échecs vécus par les élèves jouent un rôle central dans l’évolution de leur motivation. Ces constats sont résumés dans la figure 1. 

Figure 1 : Relations entre le rendement et la motivation 

Les travaux de Vu et ses collaborateurs (2024) montrent également que le niveau de réussite scolaire tend à se maintenir au fil du parcours éducatif. Les élèves qui accumulent les difficultés risquent donc davantage de perdre confiance en leurs capacités et de se démotiver progressivement. Cette baisse de motivation peut ensuite contribuer au maintien de leurs difficultés scolaires.   

Quelles sont les implications de ces résultats pour la pratique ?   

Plusieurs approches pédagogiques actuellement recommandées visent à rendre les apprentissages plus signifiants, stimulants ou attrayants afin d’accroître la motivation des élèves. Ces pratiques conservent leur pertinence, notamment pour soutenir l’engagement et réduire l’ennui. Toutefois, les résultats rapportés dans cet article suggèrent qu’il pourrait être particulièrement bénéfique de miser sur des pratiques d’enseignement dont l’efficacité pour favoriser les apprentissages est solidement documentée, telles que l’enseignement explicite ou direct, ou encore la réactivation des connaissances antérieures. Parallèlement, des stratégies de gestion du travail, comme la planification des périodes d’études ou la gestion de la procrastination, peuvent aider les élèves à développer les compétences visées et à vivre davantage de réussites.  

Conclusion  

En conclusion, même si la motivation est souvent conceptualisée comme un levier de la réussite, il apparaît essentiel de souligner l’importance des expériences de réussite dans le développement de la motivation. Le personnel enseignant a donc tout intérêt à mobiliser les stratégies les plus efficaces pour optimiser les connaissances et la réussite des élèves. Bien entendu, le recours à des stratégies d’enseignement variées reste néanmoins utile pour limiter l’ennui et développer des compétences transversales, comme la collaboration. L’important est de ne pas compter uniquement sur ces stratégies pour susciter la motivation dans l’espoir qu’elles favoriseront la réussite.   

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Références

Plante, I., De la Sablonnière, R., Aronson, J. M. et Théorêt, M. (2013). Gender stereotype endorsement and achievement-related outcomes : The role of competence beliefs and task values. Contemporary Educational Psychology, 38(3), 225-235, 10.1016/j.cedpsych.2013.03.004   

Plante, I., Lecours, V., Lapointe, R., Chaffee, K. E. et Fréchette-Simard, C. (2022). Relations between prior school performance and later test anxiety during the transition to secondary school. British Journal of Educational Psychology, 92(3), 1068-1085. https://doi.org/10.1111/bjep.12488  

Vu, T. V., Scharmer, A. L., Van Triest, E., Van Atteveldt, N. et Meeter, M. (2024). The reciprocity between various motivation constructs and academic achievement: a systematic review and multilevel meta-analysis of longitudinal studies. Educational Psychology, 44(2), 136–170. https://doi.org/10.1080/01443410.2024.2307960  

 

Source de l’image : Magnific  

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